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Etat des lieux

Les ressources facilement accessibles s'appauvrissent

L’exploitation accrue des eaux souterraines et les pratiques agricoles, grandes consommatrices d’eau, contribuent fortement à l’épuisement des nappes phréatiques qui n’ont plus le temps de se recharger et s’appauvrissent. Les nappes de faible profondeur (moins de 300 mètres) se renouvellent par l’apport direct des pluies et par l’écoulement de l’eau dans le milieu naturel. Les nappes de grande profondeur mettent plusieurs années à se remplir et il est de tradition (prudente) d’entamer le moins possible ces réserves. L’eau dite "de surface" vient à manquer. Les sols et les rivières s’assèchent. En 2005, 3800 km de rivières étaient à sec.

Responsables : l'urbanisation et la transformation du paysage

La transformation des paysages, l’assèchement des zones humides, la disparition des mares, la suppression des haies, la conversion des prairies en labours et l'explosion de l’étalement urbain qui augmente les surfaces imperméables ont modifié le cycle continental de l’eau. L’impact écologique de l’homme est catastrophique. Les modifications et les aménagements entrepris favorisent le flot pluvial, le ravinement et les inondations. Les eaux de pluies ruissellent trop rapidement vers les fossés, les rivières, la mer et les égouts, au lieu de s’infiltrer lentement dans les sols.

La pollution augmente et nuit à la qualité de l'eau

Conséquences : les fortes pluies charrient massivement les polluants issus des lessivages des voiries et de l’urbanisation ainsi que ceux déjà stockés dans les couches superficielles des sols. Les réseaux de collecte et les stations d'épuration qui sont supposés pouvoir traiter de grands volumes d'eaux sur des durées relativement courtes sont plus souvent débordés par le flot pluvial. Les stations d’épuration perdent en efficacité. L’eau est moins bien traitée avant d’être rendue à la nature et la pollution ne cesse d’augmenter. L’eau qui échappe au contrôle de l’homme se répand en inondations rurales et urbaines qui déplacent, à leur tour, boues et polluants.

Gestion et rétention : des actes civiques et écologiques

Les dégâts engendrés par les fortes pluies et les inondations sont souvent très importants (habitations, ouvrages d'art, routes, fermes, élevages, usines, commerces) et très coûteux pour la collectivité. Dans certaines régions, la gestion des eaux pluviales est intégrée aux schémas d'assainissement et l'aménagement d'un réseau de rétention d'eaux pluviales est d'ores et déjà obligatoire dès la construction de tous types d'habitations. Retenir l’eau de pluie est devenu un acte de civisme qui contribue à la diminution des risques liés aux fortes précipitations et aux inondations.